ÉDITO du 7 novembre 2021

DES ANGES QUÊTEURS ?

Il y avait autrefois dans certaines églises des troncs pour les dons des fidèles, insérés dans une statuette d’ange, qui hochait gracieusement la tête pour remercier à chaque fois qu’on y mettait une pièce. Ces petits automates ailés donnaient à la quête et au denier de l’église un charme céleste !

Ils rappelaient en tout cas que le spirituel et le matériel ne s’opposent pas toujours.

La vie de l’Église a en effet un coût. Le bâtiment doit être entretenu. Rappelons à cet égard que la paroisse Saint André a le privilège peu enviable de supporter toutes les charges liées à la réfection et à l’entretien de l’édifice, contrairement aux autres églises parisiennes dont la mairie s’occupe. En effet notre église fût rachetée par le diocèse à l’état en 1930, après la loi de séparation de l’Église et de l’État. Elle est donc propriété de la paroisse.

Outre les frais de chauffage et de fonctionnement, aucune initiative ne peut être prise sans moyens financiers et matériels. J’avoue être parfois surpris de voir l’étonnement des fiancés lorsqu’on leur demande de payer les frais liés à la préparation au mariage qu’ils ont par ailleurs beaucoup appréciée. Même surprise en notant que rares sont les jeunes adultes qui, une fois leur premier salaire reçu, songent à contribuer au denier de l’Église.

Alors ne soyons pas plus angéliques que les anges eux-mêmes qui ne se désintéressent pas de ces contraintes matérielles… Et louons le progrès qui nous permet désormais de régler notre denier par prélèvement bancaire – moyennant déduction fiscale ! – ou sur la borne prévue à cet effet au fond de l’église !

Chantons donc avec les anges de bon cœur. Et donnons-leur l’occasion de souvent hocher la tête en signe de reconnaissance !

Père Philippe de Maistre